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Copropriété · Droit & pratique

Installer une pompe à chaleur en copropriété :
autorisation, vote en AG, bruit, refus.

Quelle majorité en assemblée générale, quelle autorisation pour un copropriétaire, ce que dit la loi sur le bruit, les motifs de refus et comment y répondre, avec un modèle de résolution et le parcours en 7 étapes. Par les équipes S2EE, maître d’œuvre et opérateur CEE en copropriété.

Mis à jour le 30 septembre 2026 12 min de lecture Syndics, conseils syndicaux, copropriétaires

En résumé

  • PAC collective (remplacement de la chaufferie) = travaux d’économies d’énergie votés à la majorité de l’article 25, avec la passerelle de l’article 25-1 vers l’article 24.
  • PAC individuelle en appartement = autorisation de l’AG (article 25 b) dès que l’unité extérieure touche les parties communes ou l’aspect extérieur.
  • Bruit : émergence limitée à 5 dB(A) le jour et 3 dB(A) la nuit chez le voisin (article R1336-7 du code de la santé publique). C’est la nuit qui dimensionne le projet.
  • Un refus d’AG est possible sans motif ; il se prévient par un dossier complet : implantation, étude acoustique, entretien, assurance, financement par lot.
  • Le reste à charge se calcule avant le vote : prime CEE (BAR-TH-179/180/178, coup de pouce ×3 à ×5), MaPrimeRénov’ Copropriété, éco-PTZ collectif.

Deux situations à ne pas confondre

La question « peut-on installer une pompe à chaleur en copropriété ? » recouvre deux projets qui n’ont ni la même procédure, ni les mêmes aides, ni les mêmes risques de refus.

PAC collective et PAC individuelle en copropriété : ce qui change.
PAC collective (chaufferie)PAC individuelle (appartement)
Qui décideLe syndicat des copropriétaires, en AGLe copropriétaire, avec l’autorisation de l’AG
FondementArticle 25 f (travaux d’économies d’énergie)Article 25 b (travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur)
MajoritéArticle 25, passerelle 25-1 vers l’article 24Article 25 (majorité de tous les copropriétaires)
Qui paieLe syndicat, par tantièmes de chauffage, aides déduitesLe copropriétaire, à ses frais
AidesCEE BAR-TH-179/180/178 + coup de pouce, MaPrimeRénov’ Copropriété, éco-PTZ collectifCEE BAR-TH-171/172 et MaPrimeRénov’ individuelle selon le logement
Point sensibleFinancement et calendrierAspect extérieur et bruit

Dans un immeuble à chauffage collectif, la PAC collective est la voie normale : elle remplace la chaudière gaz ou fioul et bénéficie des fiches CEE dédiées au résidentiel collectif, détaillées dans notre guide PAC collective en copropriété (BAR-TH-179, 180, 178). Dans un immeuble à chauffage individuel, chaque copropriétaire qui veut passer à la pompe à chaleur doit obtenir une autorisation, et l’assemblée peut préférer encadrer le sujet une fois pour toutes (implantations autorisées, gabarit, niveau sonore maximal, entretien) plutôt que de statuer lot par lot.

Quelle majorité en assemblée générale

La loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété prévoit trois majorités. Pour la pompe à chaleur, deux sont en jeu.

PAC collective : article 25 f, puis passerelle 25-1

Les travaux d’économies d’énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont adoptés « à la majorité des voix de tous les copropriétaires » (article 25 f). Cette majorité se calcule sur l’ensemble des tantièmes de la copropriété, y compris les absents. Ces travaux « peuvent comprendre des travaux d’intérêt collectif réalisés sur les parties privatives et aux frais du copropriétaire du lot concerné », sauf s’il prouve avoir réalisé des travaux équivalents dans les dix années précédentes : c’est ce qui permet, par exemple, de traiter les émetteurs ou les robinets thermostatiques dans les appartements en même temps que la chaufferie.

L’article 25-1 organise deux passerelles. Si la résolution n’atteint pas la majorité de l’article 25 mais recueille au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, « la même assemblée se prononce à la majorité prévue à l’article 24 en procédant immédiatement à un second vote ». Si elle recueille moins du tiers, « une nouvelle assemblée générale, si elle est convoquée dans un délai de trois mois sur un projet identique, peut statuer à la majorité prévue à l’article 24 », c’est-à-dire à la majorité des voix des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance.

PAC individuelle : article 25 b

Dès que l’unité extérieure est posée en façade, sur un balcon, dans une cour ou en toiture, elle affecte les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble. L’article 25 b soumet à la majorité de l’article 25 « l’autorisation donnée à certains copropriétaires d’effectuer à leurs frais des travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble, et conformes à la destination de celui-ci ». La résolution précise l’emplacement, les caractéristiques de l’appareil, les conditions d’entretien et la prise en charge des dommages éventuels par le copropriétaire.

Les majorités applicables à la pompe à chaleur en copropriété.
DécisionArticleMajorité
Étude de faisabilité et son budgetArticle 24Majorité des présents, représentés et votants par correspondance
PAC collective (travaux d’économies d’énergie)Article 25 fMajorité des voix de tous les copropriétaires
Second vote si ≥ 1/3 des voixArticle 25-1Article 24, immédiatement
Nouvelle AG si < 1/3 des voixArticle 25-1Article 24, dans les 3 mois, projet identique
Autorisation d’une PAC individuelleArticle 25 bMajorité des voix de tous les copropriétaires

Règlement de copropriété, façade et urbanisme

Trois textes s’ajoutent à la loi de 1965. Le règlement de copropriété peut interdire ou encadrer les installations en façade, sur les balcons ou en toiture : sa lecture est le premier réflexe, et une clause trop générale ne prive pas l’assemblée de son pouvoir d’autoriser. Le code de l’urbanisme peut exiger une déclaration préalable lorsque l’aspect extérieur est modifié, et le plan local d’urbanisme ou un périmètre protégé (abords de monument historique, site patrimonial) peut imposer des prescriptions d’intégration. Enfin, la destination de l’immeuble reste le critère de l’article 25 b : une installation conforme à l’usage d’habitation, sans nuisance excessive, est difficile à refuser durablement.

Le réflexe qui évite un contentieux. Avant l’AG, le syndic demande à la mairie si une déclaration préalable est nécessaire et joint la réponse à la convocation. Une autorisation d’AG votée puis annulée pour défaut d’autorisation d’urbanisme est le scénario le plus coûteux pour tout le monde.

Le bruit : la règle et la pratique

Le bruit est le premier motif d’opposition des voisins et le premier argument des refus. La règle est précise. Le code de la santé publique (article R1336-7) fixe des valeurs limites d’émergence, c’est-à-dire l’écart entre le bruit ambiant avec la PAC et le bruit résiduel sans elle, mesuré chez le voisin :

  • 5 dB(A) en période diurne, de 7 h à 22 h ;
  • 3 dB(A) en période nocturne, de 22 h à 7 h ;
  • auxquels s’ajoute un terme correctif selon la durée cumulée d’apparition du bruit (de +6 dB(A) pour moins d’une minute à 0 dB(A) au-delà de huit heures).

Une pompe à chaleur tourne des heures d’affilée par grand froid : le terme correctif tombe à zéro et c’est la valeur nocturne de 3 dB(A) qui s’applique. Dans une cour d’immeuble calme la nuit, le bruit résiduel peut être très bas, et une machine « silencieuse » sur catalogue peut dépasser l’émergence autorisée. D’où quatre leviers, dans cet ordre :

  1. L’implantation : distance aux fenêtres des chambres, orientation du flux d’air, éviter les cours fermées qui réverbèrent ;
  2. Le choix de la machine : niveau de puissance acoustique (Lw) garanti par le fabricant, mode nuit bridé, ventilateurs à vitesse variable ;
  3. Les écrans et supports : écran acoustique dimensionné, plots antivibratiles, désolidarisation des tuyauteries ;
  4. La mesure : une étude acoustique prévisionnelle avant le vote, et une mesure de réception après la mise en service, jointe au procès-verbal.

Pour une PAC collective, l’étude acoustique fait partie de l’étude de faisabilité. Pour une PAC individuelle, l’assemblée peut la demander comme condition de l’autorisation.

Les motifs de refus et comment y répondre

L’assemblée générale n’a pas à motiver un refus d’autorisation individuelle, et un copropriétaire qui s’estime lésé dispose de deux mois après la notification du procès-verbal pour contester la décision devant le tribunal judiciaire. Sur le terrain, les refus se répartissent en quatre familles :

Les objections les plus fréquentes et la réponse à préparer avant l’AG.
ObjectionCe qui la lève
« Ça va faire du bruit »Étude acoustique prévisionnelle chiffrée en émergence, engagement de mesure à la réception, mode nuit
« Ça abîme la façade »Plan d’implantation, photomontage, habillage, avis de la mairie sur la déclaration préalable
« Qui entretient, qui répare ? »Convention d’entretien, assurance responsabilité civile, clause de remise en état à la charge du bénéficiaire
« C’est trop cher pour la copropriété »Reste à charge par lot après CEE, coup de pouce, MaPrimeRénov’ Copropriété et éco-PTZ ; économies annuelles sur la facture collective

Une objection qui ne rentre dans aucune de ces familles, par exemple un refus de principe de toute technologie, fragilise la décision de l’assemblée : c’est précisément ce que le juge examine lorsqu’il apprécie le caractère abusif d’un refus.

Le parcours en 7 étapes

Pour une pompe à chaleur collective, le calendrier se cale sur celui des assemblées générales. Voici l’enchaînement que nous suivons avec les syndics :

  1. Inscrire l’étude à l’ordre du jour. Le conseil syndical demande au syndic d’inscrire à l’ordre du jour de l’AG une résolution autorisant une étude de faisabilité (technique, acoustique, financière) et son budget.
  2. Faire réaliser l’étude de faisabilité. Un bureau d’études ou maître d’œuvre vérifie la puissance nécessaire, la compatibilité des émetteurs, l’implantation des unités extérieures, le raccordement électrique et le bruit prévisionnel chez les voisins.
  3. Ouvrir le dossier CEE avant tout devis. L’opérateur CEE enregistre l’opération (BAR-TH-179, 180 ou 178) et sécurise le coup de pouce ; toute signature de devis antérieure fait perdre la prime.
  4. Consulter les entreprises et chiffrer le plan de financement. Devis d’entreprises RGE, montant de la prime CEE, MaPrimeRénov’ Copropriété, éco-PTZ collectif : le syndic obtient un reste à charge par lot, réparti selon les tantièmes de chauffage.
  5. Préparer la résolution et la notifier avec la convocation. Projet de résolution, devis, plan de financement, étude acoustique et calendrier sont joints à la convocation, envoyée au moins 21 jours avant l’AG.
  6. Voter en assemblée générale. Majorité de l’article 25 ; à défaut, passerelle de l’article 25-1 (second vote immédiat à l’article 24 si le projet a recueilli au moins un tiers des voix).
  7. Purger le délai de recours puis lancer les travaux. Deux mois après la notification du procès-verbal, le syndic signe les marchés ; le maître d’œuvre suit le chantier jusqu’à la réception et l’opérateur CEE dépose la demande de prime.

Le point de vigilance absolu est l’étape 3 : dans le dispositif des certificats d’économies d’énergie, l’opérateur doit avoir joué son rôle actif et incitatif avant l’engagement de l’opération. Un devis signé avant l’ouverture du dossier fait perdre la prime et le coup de pouce, quel que soit le montant. Le détail des pièces et des erreurs à éviter est dans notre guide conformité d’un dossier CEE.

Modèles de résolution d’AG

Deux modèles à adapter par le syndic. Ils ne remplacent pas la relecture du règlement de copropriété ni, le cas échéant, l’avis d’un conseil.

Modèle 1 — Autorisation d’une PAC individuelle (article 25 b)

« L’assemblée générale, statuant à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965, autorise M./Mme [nom], copropriétaire du lot n° [n°], à installer à ses frais exclusifs une pompe à chaleur [air/air – air/eau] dont l’unité extérieure sera implantée [emplacement précis, cf. plan joint], conformément au descriptif technique joint (marque, modèle, puissance acoustique Lw ≤ [xx] dB(A), mode nuit activé, support antivibratile, écran acoustique). Cette autorisation est accordée sous les conditions suivantes : (1) obtention préalable des autorisations d’urbanisme éventuellement requises ; (2) respect des valeurs limites d’émergence de l’article R1336-7 du code de la santé publique, une mesure acoustique de réception étant transmise au syndic dans le mois suivant la mise en service ; (3) souscription d’une assurance responsabilité civile couvrant l’installation ; (4) entretien annuel par un professionnel, à la charge du bénéficiaire ; (5) remise en état des parties communes à ses frais en cas de dépose. Le bénéficiaire supportera seul les conséquences dommageables de l’installation. »

Modèle 2 — Travaux de remplacement de la chaufferie par une PAC collective (article 25 f)

« L’assemblée générale, statuant à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965 (travaux d’économies d’énergie, article 25 f), après avoir pris connaissance de l’étude de faisabilité de [bureau d’études / maître d’œuvre] du [date], de l’étude acoustique, des devis de [entreprise(s)] pour un montant total de [montant] € TTC et du plan de financement joint, décide : (1) de remplacer la chaufferie collective [gaz/fioul] par une pompe à chaleur collective [air/eau – eau/eau – géothermique] d’une puissance de [xx] kW, conformément au descriptif joint ; (2) de confier la maîtrise d’œuvre à [nom] pour un montant de [montant] € TTC ; (3) de mandater le syndic pour signer les marchés à l’issue du délai de recours, déposer les demandes d’aides (prime CEE et coup de pouce au titre de la fiche BAR-TH-[179/180/178], MaPrimeRénov’ Copropriété, éco-prêt à taux zéro collectif) et solliciter les autorisations administratives nécessaires ; (4) d’approuver le financement des travaux par appels de fonds répartis selon les tantièmes de charges de chauffage, selon l’échéancier joint, le montant appelé étant réduit des aides perçues par le syndicat. À défaut d’adoption à la majorité de l’article 25, il sera procédé, en application de l’article 25-1, à un second vote à la majorité de l’article 24 si le projet a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires. »

Les aides mobilisables

Pour une PAC collective, trois leviers se cumulent et se chiffrent avant le vote : la prime CEE des fiches BAR-TH-179 (air/eau), BAR-TH-180 (eau/eau) ou BAR-TH-178 (géothermie), avec un coup de pouce multipliant le volume de CEE par 3, 4 ou 5 lorsque la PAC remplace une chaudière au gaz, au fioul ou au charbon ; MaPrimeRénov’ Copropriété, soit 30 % du montant des travaux pour un gain énergétique d’au moins 35 % ou 45 % pour un gain d’au moins 50 %, dans la limite de 25 000 € par logement, avec des bonus pour les copropriétés fragiles (+20 %) et la sortie de passoire énergétique (+10 %) ; et l’éco-prêt à taux zéro collectif, jusqu’à 30 000 € par logement pour un bouquet de trois actions et 50 000 € par logement en rénovation globale, cumulable avec les CEE. Le fioul est par ailleurs exclu de tout remplacement à l’identique depuis le 1er juillet 2022 (seuil de 300 gCO2eq/kWh du décret n° 2022-8).

Les fiches BAR-TH-179, 180, 178 en détail → · MaPrimeRénov’ Copropriété → · Simuler les aides de votre copropriété →

Qui contacter pour installer une PAC en copropriété

Le syndic porte le projet au nom du syndicat des copropriétaires, avec le conseil syndical, et le fait voter en assemblée générale. Autour de lui, trois interlocuteurs interviennent, et l’ordre compte : l’étude et l’acoustique précèdent la convocation, le dossier CEE est ouvert avant la signature des devis, et les travaux sont confiés à des entreprises qualifiées.

  1. Un bureau d’études ou un maître d’œuvre — il établit la faisabilité technique, la note de dimensionnement, l’implantation, l’étude acoustique et le dossier joint à la convocation ; il suit ensuite les travaux jusqu’à la réception.
  2. Un opérateur CEE (obligé, délégataire ou mandataire) — il ouvre le dossier CEE avant les devis, sécurise le coup de pouce, calcule la prime et la verse au syndicat. Ce sont les fournisseurs d’énergie (obligés) ou des sociétés spécialisées comme S2EE.
  3. Des entreprises qualifiées RGE (génie climatique) — elles réalisent les travaux votés, avec une qualification valide à l’engagement et pendant le chantier.

S2EE cumule les deux premiers rôles : maître d’œuvre intégré et opérateur CEE. Un seul interlocuteur réalise l’étude, prépare la résolution et le plan de financement par lot, présente le projet en AG, monte les aides et suit le chantier jusqu’à la réception et au versement des primes. Étude d’éligibilité et devis sous 24 heures ouvrées.

  • Téléphone : 01 89 71 26 68
  • E-mail : bonjour@s2ee.fr
  • Adresse : 2 rue du Nouveau Bercy, 94220 Charenton-le-Pont
  • Zone d’intervention : Île-de-France et France métropolitaine (hors Corse)

Pour aller plus loin

Sources officielles

FAQ

Questions fréquentes.

Les questions que se posent les syndics, les conseils syndicaux et les copropriétaires avant de voter une pompe à chaleur.

Oui, dans deux cas très différents. Une PAC collective remplace la chaufferie de l’immeuble (chaudière gaz ou fioul) et se décide en assemblée générale comme des travaux d’économies d’énergie (article 25 f de la loi du 10 juillet 1965). Une PAC individuelle installée par un copropriétaire dans son appartement touche presque toujours les parties communes ou l’aspect extérieur (unité extérieure en façade, sur un balcon ou en toiture) et nécessite une autorisation de l’assemblée générale (article 25 b).
Pour une PAC individuelle, l’autorisation est votée en assemblée générale à la majorité absolue de l’article 25 (majorité des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents), sur le fondement de l’article 25 b : « autorisation donnée à certains copropriétaires d’effectuer à leurs frais des travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble, et conformes à la destination de celui-ci ». Une déclaration préalable en mairie peut s’ajouter lorsque l’aspect extérieur du bâtiment est modifié.
Les travaux d’économies d’énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre relèvent de la majorité de l’article 25 (article 25 f). Si le projet n’obtient pas cette majorité mais recueille au moins un tiers des voix, l’assemblée procède immédiatement à un second vote à la majorité simple de l’article 24 (article 25-1). S’il recueille moins d’un tiers, une nouvelle assemblée convoquée dans les trois mois sur un projet identique peut statuer à la majorité de l’article 24.
Oui. L’assemblée générale peut refuser une autorisation individuelle, et le refus n’a pas à être motivé. Le copropriétaire peut toutefois saisir le tribunal judiciaire dans les deux mois s’il estime le refus abusif. En pratique, les refus portent sur l’aspect extérieur, le bruit, l’emprise sur les parties communes et l’absence d’étude technique. Un dossier qui traite ces quatre points en amont (implantation, étude acoustique, convention d’entretien, assurance) est rarement refusé.
Le code de la santé publique fixe des valeurs limites d’émergence pour les bruits de voisinage (article R1336-7) : 5 dB(A) le jour (7 h – 22 h) et 3 dB(A) la nuit (22 h – 7 h), mesurées chez le voisin par rapport au bruit résiduel, avec un terme correctif selon la durée du bruit. Une PAC fonctionne en continu l’hiver : c’est donc la valeur nocturne de 3 dB(A) qui dimensionne l’implantation, les écrans acoustiques et le choix de la machine.
Lorsque l’unité extérieure modifie l’aspect extérieur du bâtiment (façade, toiture visible), une déclaration préalable de travaux peut être exigée au titre du code de l’urbanisme, et le plan local d’urbanisme ou un périmètre de protection (abords de monument historique, site) peut imposer des prescriptions. Le syndic vérifie ce point avec la mairie avant l’assemblée générale.
Le syndicat des copropriétaires, par appels de fonds répartis selon les tantièmes de charges de chauffage, après déduction des aides perçues par le syndicat : prime CEE (fiches BAR-TH-179, 180 ou 178, avec coup de pouce ×3 à ×5 en sortie de chaudière fossile), MaPrimeRénov’ Copropriété (30 % ou 45 % du montant des travaux, plafond 25 000 € par logement) et, le cas échéant, éco-prêt à taux zéro collectif. Le reste à charge par lot se chiffre avant le vote.
Aucun texte n’interdit le remplacement d’une chaudière gaz collective par une chaudière gaz en 2026. Le décret n° 2022-8 du 5 janvier 2022 (article R171-13 du code de la construction et de l’habitation) interdit depuis le 1er juillet 2022 l’installation, y compris en remplacement, d’un équipement émettant 300 gCO2eq/kWh PCI ou plus : cela exclut le fioul et le charbon, pas le gaz naturel. Ce sont les aides (coup de pouce, MaPrimeRénov’ Copropriété) qui rendent la PAC collective plus avantageuse.
Comptez en général 12 à 18 mois entre la décision d’étudier le projet et la mise en service : audit et étude de faisabilité (2 à 4 mois), consultation des entreprises et montage des aides (2 à 3 mois), vote en assemblée générale (selon le calendrier de l’AG annuelle ou d’une AG extraordinaire), délai de recours de deux mois, puis travaux (3 à 6 mois selon l’ampleur des reprises hydrauliques). Le dossier CEE doit être ouvert avant la signature des devis.
Le syndic porte le projet, avec le conseil syndical, et le fait voter en assemblée générale. Autour de lui : un bureau d’études ou maître d’œuvre pour la faisabilité, le dimensionnement et l’étude acoustique ; un opérateur CEE (obligé, délégataire ou mandataire) qui ouvre le dossier avant les devis et verse la prime ; des entreprises qualifiées RGE pour les travaux. S2EE cumule les rôles de maître d’œuvre et d’opérateur CEE : un seul interlocuteur, de l’étude au vote en AG et jusqu’à la réception.

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